Trio SousouffleGrotorkèstreEpistrophy Quartett ri






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Etienne ROCHE : Note artistique

« En mars 1994, je n’avais aucune idée de l’évolution d’un orchestre de vingt musiciens jouant des compositions originales écrites et dirigées par quelqu’un d’inexpérimenté en écriture musicale.

On peut raisonnablement dire que cet orchestre a débuté et s’est aguerri de manière empirique. Je n’ai personnellement jamais étudié l’harmonie ni l’écriture musicale.

Doté d’une bonne oreille musicale et d’un vivier de musiciens Drômois aussi disparates quant aux niveaux techniques que variés dans la palette instrumentale, le travail assidu, le volontarisme des musiciens et l’arrivée d’autres musiciens (nous sommes actuellement trente-trois) de haut niveau ont permis les passages successifs de paliers de compétences aboutissant à une formation homogène.

Mes goûts musicaux se sont fixés sur des compositeurs tels que Charlie Mingus, Carla Bley, Don Ellis, Gil Evans, tous relevant d’une pratique magistrale de l’écriture pour grosse formation.

Sans pour autant m’inspirer de l’écriture de ces « monstres », il va de soi que leur influence apparaît en filigrane dans la musique du Grotorkèstre. Apparaissent aussi Chopin, les harmonies frustres d’une bourrée auvergnate, les guirlandes ternaires d’une gigue Irlandaise ou d’une tarentelle méditerranéenne, les accents sans concession d’un Rock Binaire etc...

Très axée au départ sur cette pluralité d’ambiances et précédant par la même l’homogénéité à peine naissante de l’orchestre, la tendance, depuis environ deux ans, s’est inversée.

L’orchestre, par son expérience et son travail non seulement se met au service de l’écriture mais l’enrichit et optimise le résultat concertant (et déconcertant). La composition déchiffrée, apprise, jouée, n’est plus un aboutissement mais un point de départ vers son inscription dans un contexte plus large comprenant l’aspect spectaculaire et une prise de risques de plus en plus grande.
En l’espace d’un an le répertoire s’est totalement renouvelé mettant en avant une grande technicité musicale et une sensibilité d’interprétation accrue, directement liée à d’autres formes d’apprentissage des compositions :

• travail sur l’écoute et l’assimilation des différentes parties orchestrales,
• travail de l’oreille lié au placement et à la compréhension par chaque musicien dans l’orchestration,
• travail sur les nuances et l’interprétation.

A ce stade, voici le virage le plus singulier et le plus intéressant que le Grotorkèstre ait négocié. Nous avons affaire dès lors au concept de masse orchestrale au même titre que la pièce de bois du sculpteur, en tant que point de départ d’une oeuvre.



Situation :

• intéressante du point de vue du chef d’orchestre qui, mis en confiance par la vigilance des musiciens; peut développer toute la gestuelle appropriée à l’exécution optimale de la pièce et l’enraciner dans le terreau culturel commun à chaque interprète,
• intéressante du point de vue de l’interprète qui est, non plus un musicien derrière son pupitre, mais l’artisan complice de la sculpture.



Je veux insister sur le fait qu’il est de moins en mois possible pour un quelconque musicien du Grotorkèstre de se cacher derrière le « bruit » de l’orchestre. Tous sont à même de briller ou de faire briller les autres.

Un dernier point sur l’évolution du grotorkèstre : depuis l’arrivée dans la formation d’improvisateurs de très bon niveau, la volonté de prise en compte de l’improvisation en tant qu’élément fondamental d’une musique vivante s’est énormément accrue, et tout en refondant le paysage sonore de l’orchestre, elle ouvre celui-ci sur des perspectives excitantes de liberté et de musicalité. »

Etienne Roche



La maturité grandissante de l’orchestre lui permet aujourd’hui de s’ouvrir à d’autres compositeurs qui dirigeront ou pas la formation. Cette ouverture, encore balbutiante, est nécessaire et permettra à d’autres compositeurs potentiels d’en découdre avec une telle masse sonore, de grandir dans la musique, et de faire grandir la musique elle même. .
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